Institut d'études européennes
 
 
 

 

 

Les 50 ans d’une Europe

 

Regards critiques sur une commémoration :

des institutions à la culture

 

  • Contexte

     

    L’objectif général de la journée d’étude est de mener une réflexion critique sur l’identité européenne telle qu’elle est véhiculée dans les représentations du passé européen présentées au public et présentes au sein de celui-ci. L’Europe a-t-elle des racines antiques ? chrétiennes ? humanistes ? Est-elle d’abord carolingienne et lotharingienne ? Les discours élaborés pour l’Europe des Six valent-ils encore pour 27 ? Quelle place accorder à l’Islam européen, présent ou absent depuis des siècles en Espagne et dans les Balkans ? Y a-t-il une histoire "officielle" et hagiographique de la construction européenne, au service du projet politique de l’Union européenne ? Masque-t-elle d’autres visions possibles ? La perspective est donc celle d’un examen de l’usage public du passé et de l’éventuelle instrumentalisation de celui-ci, dans le cadre de l’étude des relations complexes entre histoire et mémoire, menée depuis plusieurs années par les historiens.

     

    Les manifestations organisées à Bruxelles à l’occasion des 50 ans de la signature des Traités de Rome (1957-2007) formeront le point de départ de la réflexion. Il s’agit en particulier des grandes expositions : celles du festival Europalia (notamment "Le grand atelier" au Palais des Beaux-Arts), celle du futur Musée de l’Europe ("C’est notre histoire" à Tour et Taxis), celle d’un promoteur privé ("Leonardo da Vinci. The European Genius" à la basilique de Koekelberg), à côté d’autres encore (expositions de cartes géographiques et de journaux à la Bibliothèque royale, parcours muséal ad hoc au Musée royale de l’Armée et d’Histoire militaire). Elles feront l’objet d’une évaluation critique portant sur leurs choix quant aux enjeux mémoriels et historiques, quant aux dispositifs muséologiques retenus et au choix des pièces présentées, et quant à leur rapport avec un public notamment scolaire (visites guidées, dossier pédagogique, articulation aux programmes, etc). Les interactions entre mémoire et histoire officielle de l’Union européenne, d’une part, entre mémoire européenne plus large et accents européens des mémoires belges d’autre part, feront ainsi l’objet d’une remise en perspective.

     

    La journée d’étude s’inscrit dans le cadre des travaux sur les rapports entre histoire et mémoire menés par les membres d’un Centre de recherches en histoire du droit et des institutions (CRHIDI) des Facultés universitaires Saint-Louis, et en particulier du programme de recherche FSR "L’européanisation contrastée des mémoires, enjeu épistémique et citoyen" mené au sein de la Faculté de philosophie, lettres et sciences humaines et de l’Institut d’Etudes européennes.

     

    Durant la journée d’études,

     

    1 les organisateurs des principales expositions visées sont invités à s’exprimer sur leurs choix et sur les circonstances dans lesquelles ils ont pu élaborer une vision du passé européen et la transcrire dans une forme muséologique ;

     

    2 leurs points de vue sont confrontés à ceux d’experts des différents aspects de la problématique (p.ex. l’idée européenne au XXe siècle, ou la difficile question de l’héritage antique) et à ceux d’enseignants du secondaire ayant visité ces expositions avec leurs classes. Le choix de la formule s’inspire d’une table ronde antérieure du CRHIDI, dont les actes ont été publiés (E. Bousmar, S. Dubois et N. Tousignant (Èd.), Les 175 ans de la Belgique. Histoire d’une commémoration et commémoration d’une histoire : regards critiques, Bruxelles, 2007 (Facultés universitaires Saint-Louis. Cahiers du CRHIDI, vol. 27), 214 pp.)

     

  • Programme

     

    Le programme est disponible ICI